Qì Gong



Extrait de: Il concetto di Energia Vitale nella Tradizione Cinese (e confronti interculturali), Thèse de Doctorat du Dr. Schmid, 1999 - (Reproduction interdite)

Littéralement Qì Gong signifie ''conduire habilement le Souffle'' et regroupe tous les exercices qui se caractérisent par la participation de l'intentionnalité et de la concentration mentale pour propulser les flux du , ainsi que les diverses techniques de visualisation aptes à augmenter les sensations, justement appelées les ''sensations QìGong". Il est question d'impressions cénesthésiques et/ou paresthésiques : sensations de chaleur ou de froid, picotements, fourmillements, engourdissements, détente, écoulement du flux, vibrations, etc.

Peu importe les mouvements visibles d'un point de vue extérieur car une telle pratique est entièrement tournée vers l'intérieur de soi. C'est cela la véritable pratique du NeiGong [...] .

[...] Un auteur contemporain affirme que le flux du et la trajectoire de la pensée doivent être coordonnées. Lorsque l'on effectue un exercice de QìGong, la respiration est conduite lentement et naturellement sur le chemin de l'esprit, exactement comme le ver à soie file son cocon: délicatement et avec constance; le est ainsi guidé par l'intention mentale.

Le QìGong peut être abordé comme un Exercice Passif, JingGong, en prenant une posture simple, dans laquelle l'on se concentre sur le mouvement interne du Souffle. Il peut être un Exercice Dynamique, DongGong, dont l'intention s'associe aux mouvements du corps pour faciliter l'ouverture des canaux énergétiques et la circulation des flux [...]; ou encore, il peut avoir la forme d’un mélange des pratiques, Jing-DongGong.

[...] Certains distinguent différentes méthodes: méthode de la régulation du corps, de la respiration, de la focalisation mentale. Les pratiques se diversifient aussi selon les motifs : thérapie, prévention, renforcement des capacités corporelles, arts martiaux, etc.

Selon moi, il n'est pas possible, ni conseillé, de séparer les différents aspects de cette pratique, même simplement au niveau conceptuel, sans risquer de tomber dans une approche trop analytique et perdre le contact avec la portée du Souffle et de la conscience globale.

Une autre particularité de ce vaste ensemble d'exercices est qu'ils sont unanimement considérés comme parties intégrantes du savoir médical, ce qui confirme leurs liens anciens avec la tradition. Par exemple, Jiao Guorui [...] nous dit ce qui suit:

Le Qigong, une exceptionnelle hérédité culturelle de la Chine antique, est aussi une importante partie de la médecine traditionnelle chinoise; [...] c'est une méthode de prophylaxie unique [...]. Le but des exercices de Qigong est de prévenir et guérir les maladies, renforcer la constitution physique, éviter le vieillissement prématuré et prolonger la vie. Les principales caractéristiques du Qigong incluent l'acheminement du Qi Essentiel dans le corps humain, associant l'activité mentale aux postures du corps et la respiration. [...] Historiquement, le Qigong fut amplement utilisé en Chine à des fins médicales et aussi associé aux exercices physiques taoïstes et bouddhistes.

Malgré leur importante diversité, les exercices de Qìgong, chacun avec ses caractéristiques et ses exigences, gardent des règles générales communes : détente, paix intérieure, mouvements naturels, flux du Qi; intégration de mouvements et quiétude; flexibilité dans la partie supérieure du corps et stabilité dans la partie inférieure; une quantité modérée d'exercices, une exécution ordonnée - c'est à dire ne pas ''brûler les étapes'' mais, commençant par le plus simple graduellement atteindre le plus complexe - et une pratique constante [...]. Enfin, les lois cosmiques et donc celle de la médecine traditionnelle et de la physiologie énergétique, doivent être connues et respectées, comme par exemple la loi du TaiJi [...]. Un point de vue légèrement différent et soutenu par une école taoïste, semble concevoir une méthode où seule l'intention, sans veiller au corps, est nécessaire. Un texte contemporain d'une école taoïste [...] place avec insistance la tranquillité au premier plan et le mouvement au second. Il est alors conseillé de ne pas poursuivre les mouvements dans leur forme extérieure mais de chercher leurs manifestations internes. Pour se faire il suffit simplement de pousser le corps en avant autant que possible, préservant la liberté du flux du et du sang dans les méridiens [...] - bien que certains considèrent les mouvements externes comme la preuve de la bonne réalisation des “sensations Qìgong" et d'une certaine façon, comme un remède pour la maladie. Des mouvements occasionnels se manifesteront sans doute durant la pratique, sans pour autant être amplifiés. Ressort alors la relation étroite existant entre de tels mouvements spontanés et les dérangements somatiques, émotifs et l'état énergétique général de l'organisme.