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Les exercices respiratoires Dans l'antiquité, l'homme parfait [...] respirait très profondément et sa respiration lui provenait des talons, tandis que celle des hommes ordinaires émane seulement de la gorge (Zhuang Zi). Jusqu'à des temps plus anciens on attribuait une importance fondamentale aux techniques respiratoires (Tu Na o Hu Xi).
[…] Pour nourrir l’Embryon, il faut entretenir autant que possible le Souffle, comme si le corps tendait à se recharger sans jamais ne rien perdre de précieux. Ceci se nomme BiQì, ou bien “contenir le Qì”. Vers la moitié de la dynastie des Tang c'est à dire autour du IXème-Xème siècle de notre ère les DaoShi (Maîtres du Dao) donnèrent vie à une nouvelle théorie, estimant que, pour cause d’interprétations erronées des textes, la Respiration Embryonnaire était certainement autre. La thèse qui en naquit fut la suivante, selon le DongYuan Jing: Il existe deux souffles : le souffle interne (NeiQi) et le souffle externe (WaiQi). Celui qui dissipe est semblable à un nuage de fumée, et celui qui recueille est comme une chevelure; il est visible sur la peau, il a les cinq couleurs, vert, rouge, jaune, blanc et noir, celui-ci est le souffle externe. Ah! Le souffle (interne) de l'homme provient du Palais du Cinabre, sa respiration est profonde, ce qu'il nourrit est lointain, ce qu'il émet l'est aussi; dans les hommes de peu d'importance le souffle (interne) sort du foie et du diaphragme : ils respirent comme les singes et soufflent comme les rats. Cette théorie accorde une importance remarquable à la circulation du seul souffle déjà présent à l'intérieur du corps. Un tel Souffle interne est le Souffle Originel (Yuan Qì), qui en chaque homme est particulier, étant l'Energie Vitale donnée par les parents au moment de la conception. C'est une sorte d'hérédité, l'équivalent des Souffles primordiaux qui [...] au moment de la création formèrent le Ciel et la Terre. Le Traité sur le Souffle Originel (YuanQì Lun) nous dit : Le Souffle Originel est la source du souffle de vie; [...] ce souffle est la racine de l'homme : si la racine est coupée, les viscères, les réceptacles, les nerfs, les veines sont comme les branches et les feuilles de l'arbre dont les racines sont coupées; déraciné, l'arbre se dessèche. Il semble alors évident que le Souffle Originel doit être gardé avec un soin extrême. La rétention du Souffle (BiQì) devient également indispensable pour cette seconde pratique. [...] Dans tous les hommes, le Souffle Originel est à l'intérieur du corps. Il sort constamment par la bouche et le nez, réglé et retenu, pour que le Palais du Cinabre, situé sous le nombril, soit constamment plein (YunJi QiQian). Les deux systèmes impliquent et suivent la circulation de l'Energie. La succession de l'inspiration et de l'expiration est déjà une circulation énergétique en soi [...]. Il est impossible d'isoler l'acte respiratoire de ses aspects énergétiques, physiologiques et cosmologiques. Ce qui diffère d'une théorie à l'autre est que dans la plus récente c'est le Souffle Originaire qui doit circuler à travers le corps, non pas le Souffle Cosmique. Dans l'absolu, le souffle interne ne devrait même pas se mélanger à l'externe au risque d'être aspiré au dehors lors de l'expiration, ce qui équivaudrait à une regrettable perte de l'essence qui tient en vie la lampe de l'existence. [...] , Concernant l'exercice respiratoire à proprement parlé, il existe de multiples enseignements : inspirer par le nez et expirer par la bouche ou employer seulement le nez; contracter et relâcher le diaphragme ou la paroi abdominale ou encore laisser s'exprimer la respiration naturelle. Nombreuses furent les indications, ainsi que les conseils sur la façon de pratiquer la respiration, avec une attention maximale portée sur l'harmonie des lieux et des cycles cosmiques. […] Diverses intentions mentales sont unies à ces pratiques, comme l'absorption, la conduite, la fusion et l'expulsion du Souffle (aspects que nous attribuons au “Qìgong”). Quelque soit la méthode, Schipper soutient que les pratiques respiratoires visent à instaurer l'équilibre et l'harmonie et à ramener vers l'état du nouveau-né, ce qui rejoint le principe de la Respiration Embryonnaire. Pasqualotto, au contraire, nous dit : la respiration fusion dans laquelle est évidente l'utilité et la possible utilisation du vide est l'activité qui met en relation les “souffles internes” (Nei Qì) entre eux et avec les “souffles externes” (Wai Qì). La respiration permet une osmose entre le “petit corps” de chaque être vivant et le “grand corps” infini de l’univers. Ainsi le corps devient universel et porte en lui l'universalité. La respiration consciente nous amène à sentir la creusée du Souffle dans le corps qui, petit à petit, créée le vide en nous. Le corps devient ainsi un conducteur dénué de résistances aux flux des énergies et des sensations. Cette interprétation nous renvoie à la vision du corps foetal, en fusion avec le grand corps Mère - Cosmos qui lui transmet sa nourriture dans une osmose et une unité parfaite. Extrait de: Il concetto di Energia Vitale nella Tradizione Cinese (e confronti interculturali), Thèse de Doctorat du Dr. Schmid, 1999 (Reproduction interdite) |
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